Alain Doom

Alain Doom

Associate Professor

Department of Music
Arts
A-214A, Arts Building Sudbury Campus

Biography

Professeur agAlain Doom est le directeur du Programme de théâtre de l'Université Laurentienne depuis juillet 2006. Il  est membre de la Faculté des études supérieures et postdoctorales de l’Université d’Ottawa (Professeur auxiliaire du Département de théâtre de l’Université d’Ottawa). Sa première pièce de théâtre en tant qu'auteur, « Un neurinome sur une balançoire », a été produite par le Théâtre du Nouvel-Ontario et publiée par les Éditions Prise de parole. Professeur Doom a été le directeur général de l'Association des théâtres francophones du Canada de 2000 à  2005. Avant cela, il était professeur de théâtre à  l'Université de Moncton et adjoint à la direction artistique du théâtre l'Escaouette de Moncton. Comédien prolifique aux nombreuses récompenses, Alain Doom s'est récemment illustré dans Frères d'hiver de Michel Ouellette au Théâtre la Catapulte et l'École des Femmes de Molière au Théâtre français de Toronto. Il a été critique littéraire à la radio de Radio-Canada et membre du comité de rédaction de la revue Liaison. Il a notamment reçu le Prix Théâtre Le Droit pour sa performance dans la pièce de théâtre Du pépin à la Fissure de Patrice Desbiens. Cette création du Théâtre du Nouvel-Ontario, mise en scène par André Perrier, a remporté de nombreux prix prestigieux dont le Masque de la production franco-canadienne et la Palme de la meilleure production extérieure présentée dans la région d'Ottawa-Hull, décernée par le Cercle des Critiques de la Capitale nationale. Ce spectacle a tourné pendant cinq ans à travers le Québec, l’Ontario et l’Alberta.

Education

  • Études supérieures en Interprétation poétique
  • Méthodologie de l'enseignement du français parlé

Academic Appointments

Professeur agrégé

Directeur du Programme de théâtre

Membre de la Faculté des études supérieures et postdoctorales de l’Université d’Ottawa (Professeur auxiliaire du Département de théâtre de l’Université d’Ottawa)

On The Web

http://laurentienne.ca/programme/theatref


Research

Recherche 2017-2021:

Après avoir mené à son terme ma première pièce de théâtre, un monologue produit par le Théâtre du Nouvel-Ontario en association avec L’atelier dans une mise en scène de Joël Beddows et publié par les Éditions Prise de parole (Un neurinome sur une balançoire), je me suis tout naturellement attaqué au dialogue. Ainsi ma deuxième pièce, qui compte deux personnages, s’est inspirée d’une histoire familiale qui a hanté toute mon enfance : ma mère arrivant petite fille par bateau dans un pays qu’elle ne connaissait pas et d’où elle ne repartirait pas. Cette pièce qui s’intitule Un quai entre deux mondes a été publiée aux Éditions Prise de parole au printemps 2018.

Ma démarche d’écriture s’inscrit dans un intérêt affirmé pour le « théâtre mémoriel » et dans une exploration toute personnelle de nos mythes fondateurs. Dans Un neurinome sur une balançoire, j’ai exploré celui d’un moi qui se définit par la maladie et par la rencontre avec un poète. Dans Un quai entre deux mondes, j’explore l’absence de racine pour mieux revisiter la mémoire comme bagage qui transcende l’espace, laquelle définit une famille. Avec ce troisième volet, qui s'institule "Le Club des Éphémères", s’attaque au mythe fondateur d’un nous, ou plutôt dans ce cas-ci, au refus de certaines histoires qui façonnent notre mémoire malgré nous.

C’est ainsi que j’ai voulu me pencher sur l’histoire des quintuplées Dionne dont je savais au départ étrangement peu de choses malgré leur grande notoriété, comme d’ailleurs la plupart des gens autour de moi. En effet, hormis la pancarte du musée Dionne croisée chaque semaine en entrant à North Bay sur ma route vers Sudbury, je me rendais compte que la mémoire de cette histoire aux répercussions pourtant planétaires s’étiolait et s’effaçait, à l’image du musée qui a fermé ses portes à l’automne 2015. Je me suis donc plongé durant des mois dans tout ce qui avait été écrit ou produit sur les célèbres quintuplées, dévorant leurs biographies, de nombreux récits enjolivés, des livres pseudo-scientifiques, des articles universitaires, des images d’archives, des chansons mielleuses.

Significativement, je n’ai trouvé que relativement peu d’information en français, comme si il existait une gêne ou un refus de nous approprier cette histoire, de l’embrasser, de la revendiquer. Comme si le traumatisme collectif ressenti ne pouvait disparaitre qu’avec l’oubli. Comme si la communauté franco-ontarienne ou le Canada français dans son ensemble avait toujours du mal à accepter les sœurs Dionne comme cinq membres de la famille dont l’image et l’histoire avaient été complaisamment et systématiquement exploitées, vendues et instrumentalisées.

Nourri de cet univers souvent fait de ragots, de sensationnalisme, de voyeurisme ou trempé carrément dans l’eau de rose, j’ai donc voulu explorer leur récit en confrontant le public d’aujourd’hui à ses préjugés, à sa conscience, à ses clichés et à sa propre perception des cinq franco-ontariennes les plus célèbres de l’histoire, mais aussi au concept même de l’histoire dans un société où le passé est plus souvent fétichisé qu’étudié.

L’inspiration :

Le 28 février 1934 naissaient les quintuplées Dionne, dans le petit hameau francophone de Corbeil situé à quinze minutes de North Bay. Leur naissance marqua le début d’un engouement planétaire pour les cinq adorables fillettes. Ce conte de fée vira toutefois rapidement à la tragédie par l’intervention du gouvernement ontarien qui plaça les quintuplées sous sa tutelle jusqu’à leur majorité.

La tragédie s’amplifia avec la lutte sans merci que se livrèrent les parents Dionne, le gouvernement et le Docteur Dafoe pour la garde des enfants. Une tragédie cynique par l’exploitation systématique des fillettes par le gouvernement, le Docteur Dafoe, et même les parents, au profit de grandes multinationales et du développement du tourisme! C’est ainsi que sur fond de crise économique mondiale et de lutte linguistique, les quintuplées Dionne ont marqué au fer rouge l’imaginaire canadien, franco-ontarien en particulier.

Cette pièce à laquelle je travaille n'est cependant pas historique, politique ou simplement factuelle. Elle veut en fait plutôt interroger notre résistance au mythe en questionnant notre inconfort collectif, notre voyeurisme complaisant, notre obsession collective pour cinq fillettes offertes en pâture au public, comme dans une représentation théâtrale.

Le Synposis :

Réunies au sein du Club des Éphémères, cinq femmes âgées se retrouvent malgré elles dans la production d’un documentaire sur le phénomène annuel des mouches de mai, les fameuses "shadflies". Cette situation incongrue dans une salle de réunion de leur maison de retraite les amènera à se révéler et à confier un lourd secret trop difficile à porter. Cette comédie d'Alain Doom se penche sur notre perte de repères historiques, notre absence de mémoire ou notre aveuglement volontaire ; en s’appuyant notamment sur la légende mythifiée des Quintuplées Dionne dont les traces peu à peu disparaissent ou sont effacées...

La prémisse :

Et si les quintuplées Dionne ne pouvaient quitter ce lieu mémoriel, ce référent commun d’un traumatisme collectif ? Et si l’emprisonnement initial était pour elles un paradis perdu, à l’image d’un zoo dans lequel la bête sauvage élevée en captivité veut revenir ou rester car elle ne peut pas s’adapter à la liberté ? Et si le théâtre pouvait reproduire ce rapport entre un public avide et cinq fillettes qui se donnent chaque jour en représentation, quitte à faire semblant ?

Et si les sœurs Dionne se savaient les personnages d’une histoire écrite spécialement pour elles depuis le jour de leur naissance ? Et si la mort ne les avait jamais séparées et que le fantôme des disparues continuait à habiter l’hôpital de nos consciences ? Et si Dionneville était un espace mythique impossible parce que refusé et rejeté par la population ? Et si le petit village de leur naissance était devenu, par la folie de leur exploitation institutionnelle, un espace éternel plus grand que le Dionneland de la fin des années 1930 ?

Ces questions en cascade ont servi de prémisse à l’histoire que je voulais raconter. C’est ainsi que j’ai voulu avant tout me questionner sur notre résistance au mythe, à cet inconfort collectif devant une image racoleuse et joyeuse à laquelle nous avons cru, à laquelle avons honte d’avoir cru ou à laquelle nous aurions dû croire.

Questions et hypothèses :

J’ai donc cherché à trouver les meilleures stratégies dramatiques possibles pour répondre à ces questions contradictoires, voire paradoxales, en émettant certaines hypothèses. Les quintuplées Dionne n’auraient par exemple jamais quitté cet espace fantasmagorique créé pour elles. Dans l’univers théâtral que je propose, elles sont des personnages habitant toujours le souvenir cliché dans lequel nous avons figé ces cinq fillettes. Et comme tout le cliché, leur popularité s’estompe avec le temps. Ce serait en fait le public qui est parti et cette absence serait pour les quintuplées une source de souffrance. Cela expliquerait alors leur besoin de toujours et encore se donner en représentation, désespérément, comme si pour elles le public était toujours là, quelque part dans le noir, tant et aussi longtemps qu’une seule personne se rappelle d’elles!

Awards

Lauréat du Prix Émergence de l'AAOF pour Un neurinome sur une balançoire (2016)

Finaliste du Prix Trillium pour Un neurinome sur une balançoire (2016)

Prix Rideau du Meilleur spectacle de l’année 2011 pour Frères d’hiver (2012)

Prix Théâtre LeDroit pour Du Pépin à la Fissure (2001)

Masque de la production franco-canadienne pour Du Pépin à la Fissure (2001)

Prix Gilson de la meilleure dramatique francophone (1992)

Teaching

              2018-19  Université Laurentienne: Professeur agrégé et du directeur programme de théâtre

              2018-2019 Université d'Ottawa: Professeur auxilliaire à la Faculté d'études supérieures et postdoctorales

               2017-18  Université Laurentienne: Professeur agrégé et du directeur programme de théâtre

              2017-2018 Université d'Ottawa: Professeur auxilliaire à la Faculté d'études supérieures et postdoctorales

              2016-17  Université Laurentienne: Professeur agrégé et du directeur programme de théâtre

              2016-2017 Université d'Ottawa: Professeur auxilliaire à la Faculté d'études supérieures et postdoctorales

              2015-16  Université Laurentienne: Professeur adjoint et du directeur programme de théâtre

              2015-2016 Université d'Ottawa: Professeur auxilliaire à la Faculté d'études supérieures et postdoctorales

              2014-15  Université Laurentienne: Professeur adjoint et du directeur programme de théâtre

              2014-2015 Université d'Ottawa: Professeur auxilliaire à la Faculté d'études supérieures et postdoctorales

              2013-14  Université Laurentienne: Professeur adjoint et directeur du programme de théâtre

              2012-13  Université Laurentienne: Professeur adjoint et directeur du programme de théâtre

  2011-12  Université Laurentienne: Professeur adjoint et directeur du programme de théâtre

  2010-11 Université Laurentienne: Professeur adjoint et directeur du programme de théâtre

  2008-12 Université Laurentienne: Professeur chargé de cours et directeur du programme Arts d'expression

  2006-10 Université Laurentienne: Professeur chargé de cours au programme Arts d'expression

  2004-05 Université Laurentienne: Chargé de cours (temps partiel) au programme Arts d'expression

  2000-01 Université Laurentienne: Chargé de cours (temps partiel ) au programme Arts d'expression

 1999-00 Université de Moncton: Professeur chargé de cours au Département d'art dramatique

 1998-99 Université de Moncton: Chargé de cours (temps partie) au Département d'art dramatique